Alors que le conflit en Ukraine est sur le point d'avoir 4 ans, les flux de capitaux vers Moscou sont considérablement bloqués. La raison en est la combinaison de sanctions plus sévères de la part de l'administration du président américain Donald Trump, de droits de douane imposés à l'Inde et d'une campagne de ratissage acharnée visant la "flotte sombre".
Selon les dernières données, les recettes fiscales russes sur le pétrole et le gaz en janvier 2026 n'ont atteint que 5,1 milliards de dollars, en forte baisse par rapport aux 14,5 milliards de dollars de la même période de l'année dernière. Janis Kluge, économiste à l'Institut allemand des affaires internationales et de la sécurité, a estimé qu'il s'agissait d'un niveau record depuis la pandémie de COVID-19.
La pression sur le Kremlin s'est fortement accrue depuis le 21 novembre de l'année dernière, lorsque l'administration Trump a imposé des sanctions aux deux "géants" pétroliers russes, Rosneft et Lukoil. Cette décision expose tout partenaire qui effectue des transactions avec eux au risque d'être exclu du système bancaire américain.
Ensuite, le 21 janvier dernier, l'UE a comblé le vide juridique en interdisant l'importation de carburant raffiné à partir de pétrole brut russe dans un pays tiers. La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a également proposé d'interdire complètement les services de transport de pétrole russe, affirmant que Moscou n'accepterait de négocier que lorsqu'il serait poussé au pied du mur économique.
Dans le même temps, le marché indien - le "sauveur" de la Russie - se rétrécit également. Sous la pression tarifaire américaine, les exportations russes de pétrole vers l'Inde sont passées de 2 millions de barils/jour en octobre à 1,3 million de barils/jour en décembre.
Le renforcement de la gestion occidentale met la "flotte sombre" de la Russie en difficulté. Environ 640 pétroliers ont été inscrits sur la liste noire. Les acheteurs exigent actuellement des remises très élevées, allant jusqu'à 25 USD/baril pour compenser les risques. Le prix du pétrole brut russe est actuellement tombé en dessous de 38 USD/baril, bien inférieur aux 62,5 USD du pétrole Brent international.
Pour compenser le déficit budgétaire, le Kremlin a été contraint d'emprunter auprès des banques nationales et d'augmenter les taxes. Le Parlement russe (Duma) vient de relever la TVA de 20% à 22%, tout en augmentant les taxes à l'importation sur les voitures, le tabac et l'alcool.
Bien que la Russie ait encore des réserves pour tenir bon à court terme, la croissance économique stagne (prévisions pour atteindre seulement 0,6 à 0,9% cette année). L'expert Kluge prévoit: "Dans les 6 mois à l'année à venir, la pression financière pourrait contraindre la Russie à recalculer sa stratégie, à réduire l'intensité des combats ou à réduire la portée de ses opérations militaires en raison de coûts trop élevés".