Selon l'AFP, la Cour suprême indienne a demandé aux États de mettre en œuvre de nouvelles mesures visant à renforcer la protection des éléphants sauvages. La décision précise que les autorités locales doivent empêcher l'obstruction des couloirs de déplacement des éléphants - les routes naturelles qui aident les éléphants à se déplacer entre les zones de vie. Le tribunal a également ordonné des enquêtes pour identifier les obstacles sur ces routes.
Les autorités compétentes doivent cesser d'utiliser des mesures coercitives pour modifier la trajectoire naturelle des éléphants. Le tribunal a également demandé l'interdiction aux groupes de personnes mobilisés pour chasser les éléphants avec des torches, des objets en feu ou d'autres méthodes dangereuses.
La conservatrice de la faune Prerna Singh Bindra, responsable de ce procès d'intérêt public, a déclaré que la plainte visait à protester contre le soutien de certains gouvernements d'État à des mesures qu'elle juge extrêmement cruelles.
Des milliers de personnes poursuivent les éléphants avec des lances en feu. Cette approche n'aide pas à résoudre le conflit, mais selon des études scientifiques, elle aggrave encore la situation", a déclaré Mme Prerna Singh Bindra à l'AFP.
L'Inde, le pays le plus peuplé du monde, abrite également la plupart des éléphants d'Asie - une espèce animale classée par l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) dans la zone d'extinction. L'habitat de cette espèce est de plus en plus divisé par les autoroutes, les chemins de fer et l'exploitation minière.
Selon le Fonds mondial pour la nature (WWF), moins de 50 000 éléphants asiatiques vivent dans la nature, dont la plupart sont concentrés en Inde, le reste étant réparti au Sri Lanka et dans les pays d'Asie du Sud-Est.
Les éléphants sont protégés par la loi indienne et reconnus comme animaux du patrimoine national. Cependant, les éléphants subissent de fortes pressions en raison de la réduction et de la fragmentation de leur habitat, ainsi que de l'augmentation des conflits avec les humains.
Selon Mme Bindra, la nouvelle décision de la Cour suprême doit être transformée en actions concrètes pour assurer l'avenir des éléphants.
L'enquête publiée par le gouvernement indien en octobre 2025 estime qu'il y a 22 446 éléphants sauvages dans tout le pays. Cependant, la zone de vie des troupeaux d'éléphants n'est plus que d'environ 3,5% par rapport à avant.
Dans une décision distincte, la Cour suprême indienne a également demandé un renforcement des mesures de soins et de protection pour plus de 2 600 éléphants gardés en captivité, notamment la constitution de dossiers médicaux et des bilans de santé réguliers.
Les éléphants en captivité sont actuellement principalement utilisés dans le tourisme, le divertissement et les rituels religieux. L'Organisation indienne pour la protection des droits des animaux (PETA) salue les nouvelles mesures, mais estime que les éléphants ne devraient pas être gardés en captivité. La directrice de PETA Inde, Poorva Joshipura, affirme que, qu'ils aient été capturés dans la nature ou nés dans un environnement d'élevage, ces éléphants sont privés de leur habitat, séparés de leur troupeau et perdent leur liberté.