Il a assisté aux funérailles d'une vieille dame dans le vieux quartier. De son vivant, elle vivait seule dans une maison de plain-pied, assise chaque jour près de la porte, tâtonnant les graines en attendant ses enfants. Elle a toujours justifié leur absence: "Ils sont occupés, ils reviendront probablement le week-end". Mais ce "week-end" se produit rarement. Le jour de sa mort, la maison était bondée de monde. Les couronnes de fleurs recouvrant le chemin étaient comme des excuses tardives enveloppées dans du papier de verre. Les enfants et petits-enfants en vêtements de deuil étaient soignés, racontant avec émotion les mérites immenses de leur mère. Mais ceux qui étaient allongés là ne l'entendaient plus jamais.
Paradoxalement, les gens sont souvent doués pour pleurer quand tout est perdu. Lorsqu'une personne est encore présente, elle devient une partie de la routine; ce que nous croyons être toujours disponible. Un appel, un repas, une question sont tous retardés par des rendez-vous "pour un autre moment". Nous ne sommes pas mauvais, nous sommes juste trop complaisants dans les deux mots "pas encore".
Une de ses amies a partagé que la plus grande obsession après la mort de sa mère n'est pas le moment de la séparation, mais les vides prolongés. Parfois, en mangeant, elle a soudainement l'intention de prendre son téléphone pour raconter à sa mère une histoire amusante, puis s'est souvenue avec stupeur qu'il n'y avait plus personne pour recevoir cet appel. La perte n'est pas seulement l'absence d'une personne, mais la disparition de choses que l'on considérait autrefois comme évidentes comme une voix, une habitude, un soutien invisible.
Nous avons tendance à accorder plus de gentillesse aux défunts qu'aux vivants. Nous préparons un grand plateau de nourriture, allumons un bâton d'encens pendant longtemps et disons des mots fleuris devant la photo commémorative. C'est peut-être parce que les défunts ne peuvent plus nous "ennuyer". Mais en réalité, c'est cette "ennuie" avec des rappels, des questions ou même des disputes quotidiennes qui est le signe de la vie, d'un lien encore existant.
Le mot "filialité" ou respect sincère ne réside pas dans les rituels grandioses, mais dans les jours normaux où il n'y a pas de fumée d'encens. C'est un appel sans raison, un repas sans précipitation, une question sincère au lieu d'une réponse superficielle.
Quand on regarde en arrière, ce qui nous ronge le plus n'est pas de avoir perdu quelqu'un, mais d'avoir vécu trop indifféremment quand ils étaient encore à nos côtés. Il y a des choses que nous pensions normales quand nous étions encore là, mais quand nous les avons perdues, nous avons réalisé que c'était une partie de la vie irremplaçable. Commençons la gentillesse à partir d'aujourd'hui, alors que tout est encore là.