Monsieur, les données du Bureau des statistiques montrent qu'au deuxième trimestre 2026, jusqu'à 1,4 million de jeunes (de 15 à 24 ans) dans tout le pays étaient sans emploi et ne participaient pas à l'éducation et à la formation. Comment voyez-vous ce chiffre?

- Il s'agit d'une réalité alarmante, reflétant un gaspillage extrêmement important des ressources humaines même pendant la période de structure démographique dorée. On prévoit qu'il ne nous reste qu'un peu plus de 10 ans avant de passer complètement à la période de vieillissement de la population.
Lorsque la population vieillit rapidement, la "période dorée" pour percer la productivité du travail et la compétitivité nationale n'est plus aussi importante. Les jeunes sont la force la plus énergique, la plus sensible à la technologie. Si 1,4 million de jeunes ne trouvent pas rapidement un emploi, lorsqu'ils atteignent l'âge mûr et sont toujours "sans" compétences, ils deviendront un fardeau de sécurité sociale. Si cette jeune force n'est pas bien exploitée pour la croissance économique dès maintenant, le Vietnam risque fortement de tomber dans le piège du revenu intermédiaire - ce qui signifie "pas encore riche, déjà vieux".
Certains estiment que la tendance à se tourner vers une économie libre (Gig economy) comme le travail de livreur, la conduite de voitures technologiques ou la diffusion en direct de ventes... est un "antisèche" à court terme pour les jeunes. Êtes-vous d'accord avec ce point de vue?
- Il est vrai que les emplois indépendants attirent un grand nombre de jeunes travailleurs car ils apportent des flux de trésorerie rapides et une liberté temporaire. Cependant, d'un point de vue macroéconomique, il s'agit d'un piège précaire.
L'économie libre n'a pas de filet de sécurité sociale: pas de contrat de travail, pas d'assurance sociale, pas d'assurance maladie. Lorsqu'ils atteignent l'âge de la jeunesse, leur condition physique diminue, ce groupe de travailleurs sera confronté au risque de prendre du retard parce qu'ils n'ont pas accumulé de compétences professionnelles. Le fait que les jeunes travailleurs "se cachent" dans des emplois courants ou vivent à la dérive de leur famille est un gaspillage énorme de ressources, les poussant en dehors du système de développement économique durable.
Selon vous, quel est le plus grand obstacle qui rend difficile pour les jeunes l'accès à des postes officiels dans les entreprises aujourd'hui?
- Tout d'abord, le décalage entre le système de formation et les besoins réels. En juin 2026, rien qu'à Hanoï, la demande de recrutement de main-d'œuvre ayant un diplôme universitaire ou supérieur représente jusqu'à 51,3% de l'ensemble du marché. Les entreprises ont besoin de personnel qualifié, maîtrisant les compétences numériques et les compétences vertes pour s'adapter à la vague d'automatisation et d'IA.
Le deuxième obstacle vient de la psychologie des travailleurs. Une partie des jeunes d'aujourd'hui ont peur des difficultés et des épreuves, s'attendent à des salaires et à des postes trop élevés par rapport à leurs capacités réelles. Lorsqu'ils trébuchent lors des entretiens d'entreprise, au lieu de baisser proactivement les critères pour acquérir de l'expérience, ils choisissent de se retirer, de vivre de manière fermée, perdant progressivement complètement le lien avec le marché du travail.
Selon vous, quelles solutions sont nécessaires pour ramener la force de la jeunesse "floue" au système d'apprentissage et de travail durable?
- Premièrement, filtrer et classer de manière proactive à partir de la base: Les centres de services d'emploi dans les localités doivent innover les systèmes de prévision du marché, atteindre de manière proactive le groupe de jeunes "trois non" dans la région. Organiser des conseils d'orientation professionnelle gratuits, concevoir des programmes de recyclage (reskilling) à court terme adaptés à la tendance à la numérisation afin de combler rapidement les lacunes de compétences pour les jeunes.
Deuxièmement, le mécanisme de "collaboration" en matière de formation est lié à l'adresse: Les écoles professionnelles et les universités doivent réduire la théorie académique et augmenter le nombre d'heures de pratique de combat. Inversement, les entreprises doivent ouvrir leurs portes, créer des espaces et des lieux de stage pour accueillir les élèves et les étudiants dès la deuxième et la troisième année afin de former un style de travail industriel.
Troisièmement, activer des forfaits de crédit préférentiels spécialisés: L'État doit coopérer avec la Banque des politiques sociales pour étendre les forfaits de crédit préférentiels spécifiquement destinés aux jeunes sans emploi qui souhaitent apprendre un métier ou créer leur propre emploi, démarrer une entreprise dans leur ville natale.