Le fait qu'un film vietnamien ait atteint des millions de dollars de recettes sur des marchés tels que les États-Unis, le Canada et l'Europe dès la première semaine est un chiffre impressionnant.
Pendant de nombreuses années, le cinéma vietnamien est resté principalement dépendant du marché intérieur, où l'élément star et l'effet médiatique jouent un rôle décisif. Avec "Thỏ ơi!!", Trấn Thành continue de profiter pleinement de cet avantage, mais en même temps s'étend à un espace concurrentiel plus féroce - où le public ne privilégie plus l'élément "membre de la famille".
Le succès initial du film est dû à de nombreux facteurs résonnants. Tout d'abord, la marque personnelle de Trấn Thành - un nom devenu une "garantie de box-office" ces dernières années. De "Bố già" aux projets suivants, il a construit un public fidèle, non seulement dans le pays mais aussi dans la communauté vietnamienne à l'étranger. Cette force vietnamienne d'outre-mer est un "tremplin souple", aidant le film à générer rapidement des revenus dans les premiers jours de sa sortie internationale.
De plus, la stratégie de large diffusion dans de nombreux pays en même temps contribue également à créer un effet médiatique. Le fait d'atteindre le sommet des recettes en Amérique du Nord et en Europe un jour seulement après sa sortie montre que le film a bien profité du facteur "temps" - lorsque la curiosité et l'effet de diffusion étaient encore au sommet.
Cependant, si l'on regarde plus profondément, le parcours de "Thỏ ơi!!" reflète également clairement les lois strictes du marché international. Après une phase de démarrage impressionnante, le film a rapidement montré des signes de stagnation et de baisse de classement. Le fait de devoir concurrencer directement les blockbusters hollywoodiens ou les films nationaux des grandes industries cinématographiques a épuisé "Thỏ ơi!!".
Cela soulève la question de la "durabilité" - un facteur plus important que l'explosion initiale. Un film peut connaître un grand succès au cours de sa première semaine grâce à l'effet communautaire, mais pour tenir longtemps, le contenu doit être suffisamment puissant pour toucher le public local. Avec "Thỏ ơi!!", le matériel psychologique et émotionnel aux couleurs personnelles de Trấn Thành est un couteau à double tranchant: il est facile de créer de l'empathie avec les Vietnamiens, mais il n'est pas certain qu'il soit suffisamment universel pour conquérir la majorité du public international.
Du point de vue de la production, l'investissement de Trấn Thành de près de 2 millions de dollars dans le projet montre également son ambition d'améliorer le niveau des films vietnamiens. Cependant, comme il l'a lui-même partagé, la majeure partie des coûts réside dans des éléments "invisibles" tels que l'esthétique, le décor, la post-production - des choses que le public ne reconnaît pas toujours facilement. C'est le problème familier du cinéma: une valeur de production élevée ne signifie pas une efficacité émotionnelle correspondante.
Malgré cela, on ne peut nier la signification positive que "Thỏ ơi!!" apporte. Le fait qu'un film vietnamien puisse sortir en salles dans de nombreux pays, atteindre des recettes importantes et figurer dans les charts mondiaux est déjà un grand pas en avant.
Pour Trấn Thành, il a ses propres calculs lorsque ce succès continue d'affirmer sa direction cohérente: prendre les émotions comme centre, combiné à une stratégie de communication forte pour créer un effet de recettes au box-office. Et surtout, Trấn Thành lui-même comprend clairement que les recettes au box-office international ne sont principalement que des stratégies de communication, ce n'est pas la principale somme d'argent qu'il souhaite. Car au fond, le meilleur marché pour ses films reste le national.
Cependant, si l'on veut aller plus loin sur la carte internationale, les films vietnamiens comme celui de Trấn Thành auront besoin d'histoires plus universelles, ainsi que d'une narration simplifiée et plus accessible au public mondial.
Tho oi!!" n'est donc pas seulement un succès commercial, mais aussi un test. Il montre que les films vietnamiens peuvent tout à fait "aller en haute mer", mais jusqu'où ils peuvent aller, c'est toujours l'histoire de la force intérieure - quelque chose qui ne peut être remplacé par aucune stratégie de distribution.