De l'"investissement dans la culture" a l'"economie culturelle
Nous entrons dans la phase de preparation du XIVe Congres national du Parti et la resolution 80 est une affirmation forte que le Vietnam se developpera grace a la force culturelle interne et a la qualite humaine, et pas seulement au taux de croissance.
Un point tres notable de la resolution 80 est la vision des ressources. La resolution souligne le point de vue: investir dans la culture, c'est investir dans le developpement durable, pour l'avenir de la nation, tout en exigeant un renouvellement fondamental de la pensee sur la mobilisation des ressources, dans lequel l'Etat joue un role de leadership, la societe est une ressource importante. C'est un message juste et pertinent, car depuis de nombreuses annees, le point faible du domaine culturel n'est pas seulement le manque d'argent, mais aussi le manque de mecanismes pour transformer l'argent en valeur, le manque de pensee pour transformer les ressources sociales en "puissance culturelle".
Pour bien comprendre cet esprit, il faut echapper a l'ancienne idee selon laquelle la culture est un "depensement". La culture n'est pas un "depensement" comme les depenses administratives. La culture est un investissement a long terme dans les capacites humaines et la marque nationale. Lorsqu'un pays investit dans l'education esthetique, dans la creation artistique, dans l'ecosysteme de produits proteges par le droit d'auteur, ce pays cree non seulement une valeur spirituelle, mais cree egalement des emplois, des revenus, du tourisme, des exportations et meme une position internationale.
Nous voyons cela tres clairement a travers des exemples concrets dans la vie recente.L'explosion des programmes artistiques de masse, des concerts a grande echelle, des series d'evenements culturels et musicaux attirant des dizaines de milliers de spectateurs n'est pas seulement une expression de goût, mais aussi un signe d'un "marche culturel en formation".Des espaces tels que les rues pietonnes, les complexes creatifs, les festivals d'art de rue, les jeunes produits de design...
ont cree une nouvelle classe de consommateurs culturels, qui sont le prelude au developpement de l'industrie culturelle.Cependant, s'il n'y a qu'une explosion spontanee, ce n'est pas suffisant.L'industrie culturelle a besoin d'une "main creative" pour que le marche fonctionne sainement, pour que la creativite soit protegee, pour que les entreprises et les artistes ne soient pas seuls.C'est a ce moment-la que le point de vue de l'Etat dirigeant devient cle.L'Etat ne remplace pas la creativite, mais il faut faire
De la pratique vietnamienne, le changement le plus important est de passer de l'investissement de type "construction d'ouvrages" a l'investissement de type "construction d'ecosystemes". Un theatre ne peut pas etre seulement un batiment. Un musee ne peut pas etre seulement un lieu d'exposition. Un centre d'exposition ne peut pas etre seulement un point d'enregistrement. L'investissement culturel doit aller de pair avec un modele d'exploitation professionnel, lie a la technologie numerique, lie a l'education du public, lie a la communication moderne et au marche.
Ce n'est pas un hasard si la resolution se fixe pour objectif de former des zones - groupes de creation de niveau international, d'appliquer les hautes technologies, des modeles commerciaux innovants. La culture d'aujourd'hui n'existe pas seulement dans les theatres, les musees ou les livres, mais aussi dans les plateformes numeriques, dans la conception, la mode, les jeux, la publicite, la technologie d'experience... Une culture forte est une culture capable de reproduire des valeurs dans un environnement technologique, capable de raconter ses histoires dans un langage mondial.
Pour que la culture vietnamienne se repande dans le monde
La resolution 80 fixe des objectifs ambitieux: Former des groupes industriels culturels, construire des zones - complexes creatifs de niveau international, s'efforcer d'ici 2030 que l'industrie culturelle contribue a environ 7% du PIB et forme de nombreuses marques nationales dans des domaines tels que le cinema, les arts du spectacle, le tourisme culturel, le design, la mode... Cet objectif n'est pas illusoire. De nombreux pays l'ont fait et prennent meme la culture comme industrie d'exportation de pointe. La question est: par quelle voie le Vietnam atteindra-t-il l'objectif?
Pour atteindre cet objectif, le plus important est d'"ouvrir" le plus grand goulot d'etranglement: la pensee de gestion et le mecanisme de mise en œuvre. La resolution a clairement indique l'exigence de renouveler les methodes de gestion culturelle dans le sens de la creation, du service, en associant l'industrie culturelle, le marche culturel a la construction de la marque des produits culturels nationaux et du tourisme culturel. C'est l'ame de la reforme de la resolution.
Nous devons courageusement regarder en arriere: Pendant longtemps, la culture a ete geree de maniere plus "gestion-controle" que "creation-accompagnement". Cette façon de faire peut creer une certaine securite, mais a l'ere de la concurrence creative, cela reduit l'espace creatif. Et la creativite ne peut pas se developper dans un espace etroit. La creativite a besoin d'un droit d'experimentation. Des mecanismes flexibles sont necessaires. Il faut accepter les risques controles. Et il faut faire confiance a l'equipe d'artistes, aux entreprises, aux producteurs de contenu.
De la pratique de nombreux pays, ce qui cree la percee de l'industrie culturelle n'est pas le slogan, mais la chaîne de valeur organisee de maniere professionnelle: de la formation - a la production - a la distribution - a la communication - a l'exportation - a la protection du droit d'auteur. Au Vietnam, cette chaîne a encore de nombreux maillons faibles, en particulier la distribution et la protection des droits de propriete intellectuelle. Une bonne œuvre cinematographique, une bonne musique, une conception creative... peuvent etre copies, exploites illegalement, ce qui fait perdre de la motivation aux createurs. Si le probleme du droit d'auteur n'est pas resolu, parler de groupe industriel culturel n'est toujours qu'un reve.
Dans le contexte de l'orientation vers le XIVe Congres, la reforme de la gouvernance culturelle est egalement une reforme de la gouvernance nationale dans une tranche tres importante. Parce que la culture est directement liee a la personnalite sociale, a la discipline, au mode de vie, a la capacite de lutter contre les manifestations de degradation et de deviation. La resolution 80, a mon avis, ne vise pas seulement a developper l'art, le patrimoine ou les festivals. La resolution vise a construire une culture capable de "self-ajustement social", a creer des citoyens responsables, des entreprises culturelles, des communautes courageuses.
Et enfin, lorsqu'il s'agit d'atteindre le monde, il ne faut pas seulement exporter des produits, mais aussi exporter des histoires. Le Vietnam a un tresor culturel suffisant pour raconter au monde entier. Mais pour bien raconter, il faut avoir la capacite de raconter des histoires modernes, avoir un langage creatif mondial. Le cinema, la musique, la mode, le design, le tourisme experientiel... sont les "nouveaux conteurs" de la nation a l'ere numerique.
La resolution 80 peut donc etre consideree comme une "marche decisive" pour une nouvelle etape de developpement du pays. Elle place la culture au centre non pas pour embellir davantage la strategie de developpement, mais pour creer un developpement courageux, profond et durable. Et dans l'atmosphere d'approche du XIVe Congres, la resolution est comme un rappel fort: L'avenir du Vietnam n'est pas seulement decide par les chiffres de croissance, mais aussi par la profondeur de la culture et la stature du peuple vietnamien.