Le concept de "softening de l'idéologie" n'est pas facile à identifier. Ce n'est ni un changement soudain, ni une imposition évidente. C'est comme l'eau qui s'infiltre dans la terre, lentement, continuellement, et lorsque vous le réalisez, la couche de fond a changé. Dans le contexte de l'explosion du cinéma et des réseaux sociaux, ce processus est plus rapide, plus profond et plus difficile à contrôler que jamais.
Les films de divertissement modernes, des séries et des web-dramas sur les plateformes en ligne aux courts clips diffusés sur les réseaux sociaux, sont souvent construits avec un rythme rapide, des émotions fortes, de belles images et des messages simples. Une histoire d'amour romantique peut entraîner une nouvelle façon de voir le mariage. Un personnage "anti-héros" attrayant peut rendre la frontière entre le bien et le mal floue. Une vidéo de quelques dizaines de secondes sur une "vie idéale" peut inciter les spectateurs à comparer inconsciemment et à douter de la valeur et du travail quotidien de leur propre personne.
Ce n'est pas un hasard si de nombreux contenus populaires aujourd'hui ont tendance à mettre en avant l'individualité absolue, à mettre en avant le plaisir instantané ou à atténuer les valeurs fondamentales telles que la discipline, la responsabilité et l'engagement communautaire. Lorsque ces messages se répètent suffisamment, ils ne sont plus un simple "contenu de divertissement", mais deviennent une forme de façonnage de la perception.
La directive n° 58-CT/TW du Secrétariat du Comité central du Parti a clairement indiqué l'exigence d'"améliorer la capacité d'identifier les points de vue erronés et hostiles" et de renforcer l'éducation politique, idéologique et juridique des travailleurs dans la nouvelle situation. Il est à noter que, dans cette "nouvelle situation", il n'y a pas seulement des informations directement déformées, mais aussi des flux de contenu qui semblent neutres mais qui ont la capacité d'éroder progressivement la base de la conscience.
La "softening" dangereuse est qu'elle ne crée pas de résistance. Les gens ne se sentent pas affectés, mais se sentent simplement adaptés, bons, conformes à leurs émotions. Un ouvrier après le travail peut passer des heures à regarder des vidéos de divertissement, et progressivement se sentir que le succès doit être rapide, la vie doit être facile, et voir que ses efforts quotidiens persistants ne sont plus dignes d'être appréciés. Un jeune peut recevoir des centaines d'histoires "inspirantes", mais manque de fondement juridique, de ses droits et obligations dans les relations de travail.
D'un point de vue social, ce n'est pas seulement une histoire personnelle. Lorsqu'une partie des travailleurs est influencée par des perceptions déformées ou unilatérales, les conséquences peuvent s'étendre: des attentes irréalistes, des réactions émotionnelles au risque d'être entraîné par des informations erronées et incitantes. C'est précisément ce que la directive 58 met en garde en soulignant l'exigence de maintenir la stabilité des relations de travail et de l'ordre social. Cependant, le problème ne réside pas dans l'"évitement" des films ou des réseaux sociaux. Le problème réside dans l'approche. La directive 58 met également l'accent sur l'innovation des méthodes de propagande, l'application de la technologie, la création de contenus "concis, visuels et accessibles".
La réalité montre que lorsque les histoires sur les travailleurs sont racontées de manière réaliste et attrayante, lorsque les questions juridiques sont interprétées dans un langage familier, lorsque des valeurs telles que la discipline, la créativité, l'unité sont "révélées" avec des images vivantes, elles peuvent tout à fait rivaliser avec des contenus purement divertissants. Une courte vidéo d'un ouvrier d'amélioration technique, un reportage sur la vie riche dans les zones industrielles, ou une histoire de la vie quotidienne mais riche en signification humaine, si elle est bien exprimée et largement diffusée, peut avoir un impact non inférieur à celui des contenus sensationnels diffusés en ligne.
L'important est d'aider le spectateur, en particulier les ouvriers et les jeunes, à avoir un "filtre" de perception. C'est la capacité de se demander: que dit ce contenu, à quelle façon de penser il me mène et s'il correspond à la réalité de ma vie ou non. Lorsque vous avez ce filtre, vous n'êtes plus complètement emporté, mais vous pouvez choisir de manière proactive.
L'"adoucissement de l'idéologie" n'est pas loin mais est présent dans chaque vidéo, film, chaque ligne de contenu chaque jour. Le problème est de savoir si nous sommes définis ou suffisamment lucides pour maîtriser la façon dont nous les recevons.