Dans l'histoire des farces du poisson d'avril (jour du mensonge), "laver le lion à la Tour de Londres" est depuis longtemps considéré comme l'une des astuces les plus classiques et les plus anciennes.
Non seulement elle suscite la curiosité par son idée étrange, mais cette blague montre aussi comment les gens sont facilement entraînés dans des histoires apparemment logiques mais totalement irréalistes.
Selon les documents compilés sur le "Musée de l'escroquerie" de l'auteur Alex Boese - un site web spécialisé dans l'enregistrement et l'analyse des escroqueries célèbres ainsi que des légendes urbaines - le "lavage des lions" est apparu très tôt.
Un récit de 1698 indique que de nombreuses personnes ont été trompées et ont été ammenées dans les tranchées de la Tour de Londres pour assister à la baignement des lions, bien que cet événement n'ait jamais existé.
Un reportage publié le 2 avril 1698 décrivant le fait que "beaucoup de gens sont venus voir le lion être lavé" montre que la blague s'est répandue et a fait croire à beaucoup de gens qu'elle était vraie.
Ceci est également considéré comme l'une des premières preuves que le 1er avril est lié aux farces dans la vie sociale.
Essentiellement, "laver le lion" est une blague "idiote et insignifiante", c'est-à-dire tromper la victime pour qu'elle cherche un événement ou un objet qui n'existe pas.

Au début, ce jeu était simplement un bouche-à-oreille sur un rituel étrange. Cependant, avec le temps, il a progressivement été "amélioré" avec des formes plus sophistiquées et organisées.
Au XVIIIe et XIXe siècles, la blague est devenue populaire à Londres. Les blagueurs ont commencé à imprimer des cartes d'invitation formelles, indiquant clairement l'heure, le lieu et même le nom du "fonctionnaire" responsable de la cérémonie.
Certaines versions demandent également aux participants de se rendre à la "White Gate" - une porte qui n'existe absolument pas dans l'enceinte de la Tour de Londres.
Le point culminant de cette arnaque a eu lieu au milieu du XIXe siècle, lorsque de nombreux habitants ont apporté des "billets d'invitation" pour se rendre à la Tour de Londres le 1er avril.

De l'excitation initiale, la foule est rapidement passée à l'indignation lorsqu'elle s'est rendu compte qu'elle avait été trompée. Les gardes à ce moment-là ont dû se démener pour expliquer, et même à un moment donné, la situation est devenue tendue.
Le succès de la blague n'est pas un hasard. Pendant des siècles, la Tour de Londres a été un lieu de stockage d'animaux rares tels que des lions, des éléphants ou des ours blancs.
Ce facteur réel a rendu l'histoire d'un "rituel de lavage du lion" raisonnable aux yeux du public, trompant ainsi facilement ceux qui manquent de vigilance.

Lorsque la zone d'élevage d'animaux de la Tour de Londres a été dissoute au XIXe siècle, la blague n'a pas disparu mais a continué à changer pour s'adapter au nouveau contexte.
Au lieu d'attirer les gens à la tour, les joueurs de farce sont passés à la vente de faux billets au zoo pour regarder le "parade des animaux".
En 1866, des centaines de personnes ont afflué au zoo de Londres dans l'espoir d'assister à l'événement, avant de réaliser qu'elles étaient victimes du poisson d'avril.
En entrant dans l'ère moderne, cette blague est même apparue sous une nouvelle forme par téléphone. Les victimes sont incitées à appeler le zoo pour rencontrer des employés portant des noms tels que "Al Gator", "Anna Conda" ou "Jim Panzie" - ce n'est en fait qu'un jeu de mots faisant référence aux animaux.
Par conséquent, à chaque 1er avril, les employés des zoos reçoivent souvent une série d'appels de plaisanterie.
Bien que la forme change avec le temps, la nature du jeu de "laver le lion" n'a pas changé: il frappe la curiosité et la foi des gens. Après plus de trois siècles, ce stratagème prouve toujours sa vitalité, devenant un exemple typique de blagues apparemment simples mais capables de "tromper" la foule le jour du poisson d'avril.