Le journal Lao Dong s'est entretenu avec le professeur associé et docteur Bui Hoai Son, membre permanent de la Commission de la culture et des affaires sociales de l'Assemblée nationale, député de l'Assemblée nationale, sur le rôle de la presse dans la communication des politiques.
Monsieur le professeur associé et docteur Bui Hoai Son, dans le processus d'élaboration des projets de loi, comment évaluez-vous le rôle de la presse dans la réflexion sur l'opinion publique et les pensées des électeurs concernant les nouveaux projets de politiques?
- Je pense que la presse joue un rôle extrêmement important, voire l'un des "canaux de capteurs sociaux" les plus sensibles dans le processus d'élaboration des politiques et des lois. Un projet de loi, avant de devenir un document juridique réglementaire, n'est pas seulement un produit technique de l'organisme de rédaction, de l'organisme d'examen ou de l'Assemblée nationale, mais aussi la cristallisation de la réalité de la vie, des attentes, des inquiétudes et même des préoccupations très spécifiques de la population.
Au cours de ce processus, la presse aide à rapprocher la voix des électeurs de l'Assemblée nationale. La presse aide les politiques à "toucher le sol", aide les législateurs à voir derrière chaque clause le sort des personnes, les moyens de subsistance, les droits, les opportunités de développement et même les risques qui peuvent survenir si les réglementations ne sont pas proches de la réalité.
La presse n'a pas seulement rapporté après la promulgation de la loi, mais a également communiqué depuis le moment où le projet a été "préparé". Selon vous, cette "communication précoce et à distance" soutient-elle les députés à l'Assemblée nationale lorsqu'ils examinent et appuient sur le bouton pour adopter une politique?
Bien sûr que oui et je pense que c'est une exigence très importante dans le contexte actuel. La communication politique doit être mise en œuvre très tôt, dès la formation de l'idée politique, l'élaboration du plan, la collecte d'avis, la révision du projet. Ce faisant, la politique aura plus de temps pour être discutée, réfutée, vérifiée et perfectionnée par la société.
Pour les députés à l'Assemblée nationale, les informations de la presse sont une source de référence très précieuse. Avant d'appuyer sur le bouton d'approbation d'une politique, les députés doivent non seulement lire les rapports de l'organisme de rédaction, les rapports d'examen du Comité..., mais aussi écouter la vie. La presse aide les députés à voir ce qui intéresse l'opinion publique, ce que pensent les groupes directement touchés, quels points de blocage les experts mettent en garde, quelles sont les attentes des citoyens.
Personnellement, avez-vous déjà changé de point de vue ou proposé de modifier une disposition de loi basée sur des réflexions et des analyses pointues provenant d'articles de journaux?
- Oui. Je pense qu'un député à l'Assemblée nationale, s'il est vraiment réceptif, ne devrait pas avoir peur de changer de point de vue lorsqu'il dispose d'informations plus pertinentes, d'arguments convaincants et de preuves pratiques claires. Élaborer des politiques, ce n'est pas protéger les opinions personnelles jusqu'au bout, mais trouver ensemble la meilleure solution pour le pays, pour le peuple.
Une politique, aussi bonne soit-elle, si la communication est mauvaise, aura du mal à entrer dans la vie. À partir de votre pratique de surveillance, quels changements positifs voyez-vous de la part des organes exécutifs après que la presse a dénoncé les lacunes d'une politique actuelle?
- Je constate qu'il y a eu de nombreux changements positifs. Tout d'abord, un changement de perception. Auparavant, parfois, dans certains endroits, les reportages de la presse sur les lacunes politiques étaient toujours considérés comme une "critique" ou une "pression". Mais aujourd'hui, de plus en plus d'organes exécutifs considèrent les reportages de la presse comme une source d'informations importante pour examiner, ajuster et perfectionner les politiques.
Dans la pratique de la supervision, nous constatons que certaines politiques, lorsqu'elles entrent en vigueur, soulèvent des problèmes liés aux procédures administratives, à la décentralisation des pouvoirs, aux conditions commerciales... Après que la presse a reflété en continu, de manière responsable, sur la base des preuves et de la voix du peuple, de nombreux ministères, secteurs et localités sont intervenus plus rapidement.
Dans le contexte de l'explosion des réseaux sociaux et de la propagation rapide des informations, selon vous, que doit faire la presse officielle pour maintenir son rôle de "flux d'information principal", orientant l'opinion publique sur les politiques macroéconomiques du pays?
- À l'ère des réseaux sociaux, la presse officielle ne peut pas jouer un rôle dominant uniquement par sa position existante. Ce rôle doit être affirmé quotidiennement par la qualité de l'information, le courage professionnel, la vitesse appropriée, la profondeur de l'analyse et la confiance sociale.
Les réseaux sociaux ont des avantages en termes de vitesse, d'émotion et de capacité de diffusion. Mais le journalisme traditionnel a des valeurs qu'il ne peut pas perdre: la vérification, la responsabilité, les normes, l'orientation et la capacité d'analyse politique.
Pour conserver un rôle dominant, la presse ne peut pas seulement suivre les réseaux sociaux, et encore moins laisser les réseaux sociaux diriger complètement l'agenda de l'information. La presse doit prendre une longueur d'avance dans la découverte des problèmes, être plus profonde d'un niveau dans l'explication de la nature, être plus juste d'un rythme dans le reflet des aspects et plus humaine d'un niveau dans l'approche de l'homme.
La presse officielle veut devenir un flux d'informations dominant, elle doit être à la fois précise et attrayante; à la fois standard et moderne; à la fois rapide et profonde. Dans la mer d'informations d'aujourd'hui, les gens ne manquent pas d'informations, mais ont grand besoin d'informations fiables. Et c'est l'espace vital de la presse révolutionnaire, de la presse professionnelle, de la presse pour l'intérêt national, ethnique et populaire.
Pour améliorer l'efficacité de la communication politique, selon vous, quels mécanismes, politiques ou "commandes" spécifiques l'État doit-il mettre en place pour aider les organes de presse à mieux accomplir cette tâche?
- Je pense que pour que la communication politique soit efficace, il ne faut pas seulement appeler la presse à faire mieux, mais il faut un mécanisme suffisamment clair, des ressources suffisamment importantes et une méthode de commande suffisamment professionnelle.
Tout d'abord, l'État doit considérer la communication politique comme un élément obligatoire de l'ensemble du processus d'élaboration et de mise en œuvre des politiques.
Deuxièmement, il est nécessaire d'avoir un mécanisme pour commander à la presse de participer à la communication politique de manière ouverte et transparente, en fonction de la qualité des produits et de l'efficacité sociale, et pas seulement en fonction du nombre d'articles.
Troisièmement, il est nécessaire d'améliorer la capacité de l'équipe de journalistes en matière de communication politique. Les organes de presse doivent également avoir accès à des informations officielles plus rapidement, avoir des contacts de porte-parole plus responsables, avoir des données ouvertes plus complètes...
Enfin, il est nécessaire de protéger et d'encourager la presse à réfuter les politiques de manière constructive. Plus la presse est en mesure de refléter honnêtement, de manière responsable et humaine, plus les politiques ont de chances de se perfectionner, plus la société a confiance et plus la loi a la capacité de pénétrer dans la vie de manière naturelle et durable.
Je crois qu'à l'ère du nouveau développement, la communication politique n'est pas seulement une question de "dire pour que le peuple comprenne", mais aussi un processus de "écouter pour travailler avec le peuple, surveiller avec le peuple, perfectionner le pays avec le peuple". Lorsque la presse joue bien ce rôle, chaque politique ne s'arrêtera pas à la page papier, mais deviendra une force motrice de développement, une force consensuelle pour faire avancer le pays.
Merci PGS. TS Bùi Hoài Sơn!