Tuchel a clairement indiqué pendant son mandat à la tête de l'équipe d'Angleterre qu'il ne se souciait pas de "collecter des talents" mais de "construire la meilleure équipe". Jusqu'à cette semaine, c'était l'action la plus critiquée de son mandat. "Pour avoir la réputation d'un entraîneur", a déclaré Tuchel en octobre dernier, "vous devez faire ce que vous dites".
La cruauté n'est pas une question de bien ou de mal, mais d'adéquation. Foden, Palmer, Maguire ne sont pas en reste, ils ne correspondent qu'à l'ossature pragmatique dont le stratège allemand a besoin.
Sortant du monde du football, dans le courant de la vie, nous avons dû jouer le rôle de Tuchel à plusieurs reprises et nous sommes aussi souvent poussés à la position de "victimes". Celui qui prend la décision a une mauvaise réputation, tandis que celui qui en subit la souffre se demande avec stupeur: "Que ai-je fait de mal ?". En retour, lorsque vous devez "jouer le rôle de Tuchel", vous comprendrez mieux pourquoi il faut être impitoyable dans les moments importants, surtout face à la pression de la responsabilité et des réalisations.
Le prix de la maturité est d'apprendre à faire face à des hochements de tête froids comme celui-ci. La réaction naturelle de l'homme est toujours le traumatisme et le ressentiment. Mais la vie n'a pas l'obligation d'être juste comme nous le voulons. La nature d'un choix cruel de la part de l'autre n'est parfois que de définir les limites d'une relation, et non de définir notre propre valeur.
Apprendre à accepter et à accepter les décisions cruelles du destin ne signifie pas être résigné. Accepter pour se sentir léger, pour que lorsque l'on arrête de se débattre dans la question "Pourquoi suis-je moi ?", que l'on arrête de se disputer avec des choses hors de contrôle, on voie l'équilibre dans l'esprit. La porte de la Coupe du monde s'est refermée pour les stars, mais pas pour leur carrière. Reconnaître la valeur de la force intérieure plutôt que de dépendre des autres, c'est le but de la maturité.