Le 15 juillet (heure locale), selon l'AFP, la Chambre des députés française devrait procéder au dernier vote sur le projet de loi sur l'euthanasie - l'une des réformes sociales les plus controversées sous le président Emmanuel Macron.
Si elle est adoptée, la France franchira une étape importante sur la voie de l'adhésion au groupe des pays qui autorisent les patients à bénéficier d'un soutien pour mettre fin à leur vie dans des cas particuliers.
Le projet de loi est considéré comme le résultat d'un parcours législatif de plusieurs années. M. Olivier Falorni - auteur du projet de loi, ancien député et actuel maire de La Rochelle - a déclaré que ce vote était "le point final de 14 ans de lutte au Parlement" visant à introduire le droit de mort dans le système juridique.
Bien qu'il ait été adopté par la Chambre des représentants à la majorité des voix, le projet de loi a été rejeté par le Sénat. Cependant, conformément aux dispositions de la Constitution française, le gouvernement a décidé d'autoriser la Chambre des représentants à prendre une décision finale sans le consentement du Sénat.
Même une fois adopté, le projet de loi ne peut pas entrer en vigueur immédiatement. Le Premier ministre français Sébastien Lecornu a demandé au Conseil constitutionnel - le plus haut organe de surveillance constitutionnelle de France - d'examiner la constitutionnalité de l'ensemble du texte.
Selon le projet de loi, le droit à l'euthanasie ne s'applique qu'aux adultes atteints d'une maladie incurable, capables de prendre des décisions volontairement et de manière transparente, et qui doivent supporter des douleurs physiques incontrôlables ou inacceptables même après avoir été traités.
Le médecin sera celui qui évaluera les conditions du patient avant que le conseil d'experts n'examine le dossier. La décision finale appartient au médecin traitant, tandis que le patient a le droit de retirer sa demande à tout moment.
Dans la plupart des cas, le patient utilisera lui-même le médicament mortel. Ce n'est que lorsqu'il n'aura plus la capacité de le faire que le personnel médical sera autorisé à l'aider.
Les partisans estiment que le projet de loi crée un équilibre entre le droit à l'autodétermination des patients et des mesures de contrôle médical strictes.
L'ancienne ministre de la Santé Agnès Firmin Le Bodo a estimé qu'il s'agissait d'un document "équilibré" et répondant aux exigences humanitaires en matière de soins de fin de vie.
Cependant, l'opposition reste résolue à réfuter. Le député Christophe Bentz du Rassemblement national (RN) a averti que le projet de loi est "très dangereux" et pourrait conduire à des actes d'abus.
Les organisations religieuses ainsi que de nombreux groupes protestant contre l'avortement et l'euthanasie prévoient également d'organiser des manifestations près du bâtiment du Parlement le jour du vote.
Si la loi est promulguée, la France rejoindra le groupe de pays tels que les Pays-Bas, la Belgique, la Suisse et le Canada - des pays qui ont légalisé l'euthanasie dans le cadre de la loi.