Le ministre français de la Justice, Gerald Darmanin, a annoncé le 9 juin qu'il ne démissionnerait pas au milieu d'une vague de critiques concernant les erreurs commises dans le traitement du dossier du suspect dans l'affaire de meurtre impliquant une fillette de 11 ans nommée Lyhanna.
Le corps de Lyhanna a été retrouvé la semaine dernière après sa disparition le 29 mai près de la ville de Fleurance, dans le sud-ouest de la France.
M. Darmanin s'était précédemment excusé pour ce qu'il avait décrit comme un "grave échec" dans le traitement des accusations portées contre le suspect. Le suspect dans cette affaire est un homme de 41 ans, père d'un camarade de classe de la victime, qui avait été officiellement accusé à deux reprises de viol sur mineur.
Une plainte juridique contre le suspect a été déposée en août 2025, mais l'enquête a ensuite été interrompue. Au moment de la disparition de Lyhanna, environ 9 mois après l'envoi de cette plainte, la police n'avait toujours pas interrogé ce suspect.
Le ministre français de la Justice a déclaré avoir demandé aux procureurs de revoir 70 000 plaintes relatives à des crimes contre les enfants en cours d'examen dans tout le pays.
Il a également demandé si l'affaire Lyhanna n'était qu'un cas isolé ou s'il reflétait des problèmes systémiques dans le traitement d'affaires similaires. Selon lui, la vérité sera pleinement rendue publique au peuple français.
L'affaire a déclenché des débats plus larges sur la manière de traiter les accusations d'abus sexuels, non seulement contre les enfants mais aussi contre les femmes.
Dans une lettre adressée au ministre de la Justice, M. Ludovic Friat - chef d'un syndicat de juges - a estimé que l'équipe judiciaire française ne pouvait pas répondre à toutes les exigences lorsque le nombre de procureurs du pays était bien inférieur à la moyenne européenne.
Selon CIIVISE, une commission indépendante, seulement environ 7% des plaintes d'abus sexuels sur mineurs en France conduisent à une condamnation.
Le président du Parlement français, Yael Braun-Pivet, a appelé le gouvernement à accélérer l'examen d'un projet de loi visant à lutter contre toutes les formes de violence sexiste et d'abus sexuels. Ce projet de loi est basé sur 140 recommandations d'organisations protégeant les droits des femmes, notamment des propositions visant à renforcer la formation de la police et des juges dans le traitement des affaires connexes.