Le 8 février, le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Alexander Grushko, a présenté des analyses approfondies de la situation socio-économique actuelle du Vieux Continent. Il estime que l'Union européenne (UE) s'enlise de plus en plus dans le militarisme et est confrontée à la crise la plus profonde de tous les temps.
Du point de vue de Moscou, il s'agit d'une conséquence inévitable causée par les politiques hostiles envers la Russie que l'Europe poursuit ces derniers temps.
M. Grushko a souligné une réalité inquiétante dans la pensée stratégique des dirigeants européens actuels. C'est qu'ils considèrent les efforts de militarisation de l'économie comme un moteur de croissance clé.
Bruxelles espère que le fait d'investir de l'argent dans les chaînes de production d'armes aidera l'UE à sortir du gouffre de la crise, à stimuler la demande intérieure et, surtout, à éviter le risque de déindustrialisation existant lorsque les prix de l'énergie augmentent.
Cependant, le diplomate russe a averti que le prix à payer pour cette stratégie est extrêmement élevé et non durable. Les programmes d'armement mis en œuvre selon les normes de l'OTAN consomment d'énormes ressources de la société, créant un fardeau budgétaire sans précédent.
Analysant l'aspect financier, M. Grushko a avancé des chiffres alarmants. Si les pays européens poursuivent réellement l'objectif de dépenses de défense à un niveau élevé (environ 5% du PIB comme certaines propositions le font), le fardeau sur l'économie sera énorme.
Selon les réglementations de l'OTAN, au moins 20% du budget de la défense doivent être consacrés à l'achat de nouveaux équipements d'armement. Cela signifie que des milliers de milliards de dollars seront absorbés par le secteur militaire chaque année au lieu de servir la vie des gens.
La conséquence inévitable de cette course aux armements est l'austérité sévère dans d'autres domaines. M. Grushko estime que tôt ou tard, les dirigeants européens devront également faire face aux questions de leur propre peuple.
Le public exigera une explication satisfaisante de la raison pour laquelle les programmes de protection sociale sont réduits, pourquoi les systèmes de santé et d'éducation se dégradent de plus en plus, tandis que le taux de chômage ne cesse d'augmenter.
Selon le point de vue de Moscou, lorsqu'ils sont acculés et qu'ils ne peuvent pas trouver de raison économique raisonnable, les dirigeants occidentaux n'ont plus qu'un seul prétexte pour rassurer l'opinion publique et justifier le sacrifice des intérêts du peuple.
Il s'agit de semer la peur d'une guerre imaginaire, avec le refrain familier que "la Russie attaquera demain" pour maintenir le soutien à ces politiques de militarisation coûteuses.