Le ministre italien de la Défense, Guido Crosetto, a appelé le 6 juin à la création d'une nouvelle alliance militaire en Europe avec la participation de pays de l'Union européenne (UE) et d'autres pays, afin de faire face à de nombreuses menaces à la sécurité et de renforcer le rôle du continent dans le système de défense collective.
Dans une interview accordée aux médias américains, M. Crosetto a souligné que l'Europe devait construire sa propre défense nationale. Selon sa proposition, 27 États membres de l'UE et 13 autres pays du continent, dont le Royaume-Uni, la Norvège, la Turquie et l'Ukraine, devraient rejoindre une nouvelle alliance militaire basée sur le principe du volontariat.
M. Crosetto a affirmé que cette initiative ne visait pas à remplacer l'OTAN, mais à renforcer le pilier européen au sein de l'alliance existante. Il a également estimé que l'OTAN devrait étendre la portée de l'adhésion à des membres en dehors de l'Europe et de l'Amérique du Nord, notamment l'Australie, le Brésil, l'Inde, le Japon et la Corée du Sud.
Selon le ministre italien de la Défense, l'OTAN a été créée pour apporter la sécurité et la stabilité à une partie du monde, alors que le contexte actuel exige une organisation capable d'assurer une sécurité plus large.
Cette proposition a été faite pour la première fois par M. Crosetto dans une lettre adressée aux ministres européens de la Défense ainsi qu'aux dirigeants de l'UE et de l'OTAN en avril. Dans la lettre, il a estimé que la sécurité européenne dépasse les frontières de l'UE et nécessite la participation de tous les partenaires ayant des intérêts stratégiques communs. Il a également souligné que l'Ukraine, qu'elle ne soit pas encore membre de l'UE ou de l'OTAN, continuera de jouer un rôle de fer de lance de la sécurité européenne.
Bien que la possibilité de déploiement dans un avenir proche ne soit pas considérée comme élevée, la proposition montre que l'Europe est plus proactive dans le renforcement de ses capacités de défense après la guerre en Ukraine et de nombreuses années d'investissements militaires disproportionnés.
L'initiative reflète également le sérieux des dirigeants européens face au fait que le président américain Donald Trump critique constamment les alliés européens et leur demande d'assumer davantage de responsabilités en matière de sécurité. Si elle est mise en œuvre, ce modèle créera une structure de défense dirigée par l'Europe, parallèlement à l'OTAN.
L'idée de renforcer la capacité de défense commune n'est pas nouvelle. Le président français Emmanuel Macron a depuis longtemps promu le concept d'"autonomie stratégique" de l'Europe dans le domaine militaire.
Le commissaire européen à la Défense, Andrius Kubilius, a proposé la création d'une armée unifiée européenne. Le ministre italien des Affaires étrangères, Antonio Tajani, a également appelé à la création d'une armée européenne commune pour maintenir la paix et prévenir les conflits.
Actuellement, l'Italie a coopéré avec la France, l'Allemagne, la Pologne et le Royaume-Uni pour former un nouveau mécanisme de coopération militaire à plus petite échelle, sans la participation des États-Unis.