Le 18 janvier, l'Union europeenne (UE) a declare que le bloc s'etait mis d'accord sur le principe de la persuasion et de la dissuasion face a la declaration du president americain Donald Trump concernant l'imposition d'une nouvelle serie de droits de douane sur les allies europeens.
La veille, M. Trump s'etait engage a ce que, a partir du 1er fevrier, les Etats-Unis imposent progressivement des droits de douane a la hausse au Danemark, en Suede, en France, en Allemagne, aux Pays-Bas, en Finlande, ainsi qu'au Royaume-Uni et en Norvege, jusqu'a ce que les Etats-Unis soient autorises a "acheter" le Groenland.
Selon les diplomates de l'UE, les dirigeants du bloc discuteront des options de reaction lors du sommet d'urgence a Bruxelles le 22 janvier.
Une option qui reçoit un large soutien est le paquet de taxes de represailles d'une valeur d'environ 93 milliards d'euros (equivalent a 107 milliards de dollars) pour les importations en provenance des Etats-Unis. Ce paquet avait ete suspendu pendant 6 mois et pouvait etre active automatiquement a partir du 6 fevrier.
La deuxieme option est d'activer l'"Instrument anti-coercition" (ACI), un mecanisme sans precedent de l'UE, qui permet de restreindre l'acces aux appels d'offres publics, aux investissements, aux activites bancaires ou d'imposer des mesures a l'egard du commerce des services - un domaine dans lequel les Etats-Unis ont un important excedent avec l'UE, en particulier les services numeriques.
Cependant, selon une source de l'UE, le soutien a l'ACI est actuellement "tres oppose", tandis que le plan tarifaire est considere comme une etape initiale plus realisable.
Le president du Conseil europeen, Antonio Costa, a declare que ses consultations avec les Etats membres montrent un engagement fort a soutenir le Danemark et le Groenland, ainsi qu'une volonte de proteger l'UE contre toute forme de coercition.
La Premiere ministre danoise Mette Frederiksen a affirme dans une declaration ecrite qu'elle etait "encouragee par les messages coherents du reste de l'Europe", soulignant: "L'Europe ne sera pas extorquee".
Le ministre danois des Affaires etrangeres Lars Lokke Rasmussen, lors d'une visite en Norvege, a declare que Copenhague continuerait a poursuivre le dialogue, tout en rappelant l'accord trilateral entre le Danemark, le Groenland et les Etats-Unis conclu le 14 janvier sur l'etablissement d'un nouveau cadre de cooperation.
Les Etats-Unis ne sont pas seulement le president americain. Je suis juste la, la societe americaine a aussi des mecanismes de controle et de contrepoids", a-t-il declare.
Les efforts de dialogue de l'UE devraient egalement etre un sujet marquant au Forum economique mondial de Davos, ou M. Trump prononcera un discours important le 21 janvier, marquant sa premiere apparition a cet evenement en 6 ans.
Les 8 pays cibles par les Etats-Unis sont desormais soumis a des taux d'imposition de 10 a 15% et ont envoye un petit nombre de soldats au Groenland dans un contexte de tensions croissantes avec Washington concernant l'avenir de cette vaste île arctique.
A l'interieur de l'UE, les points de vue sont encore differents. Une source proche du president français Emmanuel Macron a declare que Paris encourageait l'activation de l'ACI.
Pendant ce temps, le Premier ministre irlandais Micheal Martin a estime que l'UE riposterait certainement si necessaire, mais que l'utilisation immediate de cet outil sans precedent etait "un peu precoce".
Le Parlement europeen suspendra probablement le processus de ratification de l'accord UE-Etats-Unis, tandis qu'un depute allemand a meme suggere la possibilite d'un boycott de la Coupe du monde organisee par les Etats-Unis comme "mesure finale" pour faire pression sur la question du Groenland.