Le gouvernement canadien a présenté au Parlement le 11 juin un nouveau projet de loi sur la sécurité numérique, qui propose d'interdire aux enfants de moins de 16 ans d'utiliser les réseaux sociaux, tout en établissant des réglementations visant à contrôler les activités des chatbots d'intelligence artificielle (IA).
Selon le projet de loi, l'interdiction s'appliquera aux enfants de moins de 16 ans, à l'exception des plateformes qui répondent à certaines normes de sécurité. Le gouvernement prévoit également de créer un organisme de gestion numérique pour élaborer et superviser la mise en œuvre des normes de sécurité pour les chatbots IA.
Les entreprises qui enfreignent la réglementation peuvent être passibles d'une amende équivalente à 3% du chiffre d'affaires mondial ou d'un maximum de 10 millions de dollars canadiens, selon le niveau le plus élevé.
Le ministre canadien de l'Identité et de la Culture, Marc Miller, estime que les plateformes de médias sociaux et les chatbots d'IA sont conçus pour attirer l'attention des utilisateurs, mais ne favorisent pas le développement sain des enfants. Selon lui, ces outils sont devenus une source d'anxiété, d'isolement, de dépression et de nombreux autres défis de santé mentale pour de nombreux adolescents canadiens.
M. Miller a souligné que le projet de loi contribuera à créer un environnement plus sûr pour les jeunes, en les encourageant à renforcer la communication directe, à construire l'amitié, à se concentrer sur l'apprentissage et à développer des compétences pratiques.
Le projet de loi a été présenté au Parlement quelques semaines seulement après que des familles touchées par l'une des fusillades les plus graves au Canada ont poursuivi OpenAI. La plainte alléguait que l'entreprise savait que le suspect prévoyait une attaque via ChatGPT mais n'avait pas averti la police. OpenAI n'a pas donné de réponse immédiate.
Les responsables gouvernementaux ont déclaré qu'il pourrait falloir environ un an pour que le projet de loi soit adopté et 18 mois supplémentaires pour créer un organisme de gestion numérique après l'entrée en vigueur de la loi.
Un représentant de Google, la société propriétaire de YouTube, a affirmé que l'entreprise était prête à coopérer avec le gouvernement fédéral pour élaborer des normes de sécurité plus élevées pour les plateformes en ligne. Pendant ce temps, Meta a déclaré qu'elle évaluait le contenu de la loi sur la sécurité numérique. X et Snapchat n'ont pas répondu aux demandes de commentaires.
Le projet de loi canadien a été présenté après que l'Australie soit devenue le premier pays au monde à interdire aux enfants de moins de 16 ans d'utiliser les réseaux sociaux. Un mois après l'entrée en vigueur de la loi en Australie, les plateformes ont invalidé près de 5 millions de comptes de jeunes.