Des centaines de commentaires se succèdent, pleins de preuves, de chiffres et d'affirmations solides comme des clous. Finalement, peu de gens changent d'avis. Seules les émotions sont de plus en plus vives et la distance entre les gens est de plus en plus grande. Il semble que nous vivions à une époque où tout le monde veut devenir l'avocat de son point de vue. Ce qui est remarquable, c'est que beaucoup de gens ne débattent plus pour trouver ce qui est juste, mais pour prouver qu'ils ont raison.
Il a un ami très intelligent. Il lit beaucoup, se souvient longtemps, réfute pointu comme un rasoir. Dans chaque conversation, il suffit que quelqu'un se trompe d'un chiffre, devienne erroné dans un délai ou cite une phrase manquante, quelques minutes plus tard, son téléphone affichera suffisamment de documents pour le prouver. Une fois, il a demandé en plaisantant: "As-tu encore souvent rencontré des amis ce week-end ?". Il a ri: "Je ne comprends pas pourquoi tout le monde est occupé". Il a juste ri. Peut-être qu'ils ne sont pas occupés. C'est juste que personne ne veut qu'un café se transforme en procès, où chaque phrase doit avoir des preuves et chaque opinion attend d'être réfutée. Parce que dans la vie, toutes les conversations n'ont pas besoin d'un vainqueur, mais souvent seulement d'une personne prête à écouter.
La chose la plus difficile dans la communication est d'écouter jusqu'à la fin. Écouter pour comprendre, et non pour trouver les faiblesses dans les arguments des autres. Une femme raconte à son mari des histoires au bureau. Ce dont elle a souvent besoin n'est pas une analyse pleine de logique, mais juste une phrase: "Je t'aime, tu as travaillé dur." Un enfant tend une nouvelle peinture encore tachée de couleur, pas encore sèche. Ce qu'il attend, ce ne sont pas des commentaires sur les proportions ou les perspectives, mais le regard intéressé de ses parents. Même les personnes âgées aussi. Elles racontent une vieille histoire encore et encore non pas parce que leur mémoire est mauvaise, mais parce qu'elles veulent toujours savoir qui est encore prêt à s'asseoir et à écouter.
Les gens ont parfois besoin d'être compris plutôt que corrigés. La jeunesse aime souvent gagner dans tous les débats. Ce n'est qu'à l'âge adulte que l'on comprend qu'il y a des moments de silence non pas parce que l'on manque de raison, mais parce que l'on a encore de l'amour. La vie n'est pas un concours d'éloquence. Ce qui reste, ce sont ceux qui veulent toujours s'asseoir à côté de nous après tous les désaccords. Peut-être que l'expérience ne réside pas dans le fait de toujours pouvoir dire la dernière phrase.
Mais cela réside dans le fait de savoir s'arrêter avant cette dernière phrase. Parce que c'est vraiment une capacité. Mais savoir maintenir une relation sans rupture à cause de votre raison, c'est une qualité. Si une relation doit mourir pour prouver que vous avez raison, alors cette raison, en fin de compte, est aussi un échec.