Regardez", le jeune peintre a brisé le silence: "Ce jeune poète venait d'être honoré comme une découverte du monde poétique, il s'est avéré qu'il avait plagié des poèmes d'un poète étranger, trompant même le jury, mais a été découvert par la communauté en ligne. Puis vint le cas de cette jeune fille, tenant un pinceau mais la bouche plus tranchante qu'un couteau, écrivant des critiques enflammées, "attaquant" de nombreux prédécesseurs, avec une structure, des arguments que beaucoup de gens pensent qu'elle a utilisé l'IA, ou que quelqu'un derrière lui a emprunté sa main. Se pourrait-il que la réputation fasse perdre à la fois l'amour-propre et l'étiquette?
Le vieil écrivain a pris une gorgée de thé amer, puis a dit lentement: "Dans l'art, le nom est une illusion brillante mais aussi un piège mortel. L'essence de la créativité est un voyage introverti, mais tragiquement, la plupart des jeunes l'utilisent pour s'extrovertir, pour faire une démonstration de force. L'art est l'identité de chacun. Quand tu utilises le masque de quelqu'un d'autre pour te regarder dans le miroir, l'ombre que tu vois ne sera jamais toi-même. Ce n'est pas la créativité, c'est la mendicité émotionnelle".
Le jeune peintre a hoché la tête: "Ce jeune poète est clair, mais qu'en est-il de la jeune fille; elle a des arguments pointus, mais son "agressivité" face à de grands noms rend les gens plus gênés que respectueux. Après quelques premiers poèmes à forte teneur intellectuelle et riches en critiques, les poèmes suivants, elle est retombée dans une attaque personnelle, révélant son arrogance".
Le vieil homme a souri: "Cette fille peut avoir une vision perspicace, mais si elle manque d'une base de culture comportementale, elle ne fait que construire des murs au lieu de construire des ponts. La vérité dans la créativité est l'originalité de l'âme. On peut tromper l'opinion publique avec quelques poèmes ou emprunter, on peut échanger des valeurs avec des déclarations choquantes, mais le temps est le filtre le plus cruel. Le nom qui n'est pas accompagné de la vérité n'est qu'une chemise trop ample, cela fera trébucher celui qui la porte sur le chemin qu'il a choisi".
En fin d'après-midi, l'obscurité commence à couvrir les étagères, ne laissant que des lumières jaunes vives illuminant les visages de deux générations. Le jeune peintre réalise soudain que le bruit dehors n'est en fin de compte que des vagues ondulantes à la surface de l'océan. L'essentiel reste que l'artiste doit se regarder lui-même avant de se regarder le public.