Le matin au marché de litchis de Soái Kình Lâm (Hô Chi Minh-Ville) commence par des bâches tissées, la lumière pénètre dans chaque étal de litchis comme si elle touchait une immense palette de couleurs. Dès l'extérieur, des rouleaux de litchis rouges, jaunes et violets sont disposés en blocs, recouvrant les caisses de marchandises comme des chaises temporaires, à la fois des marchandises et des formes visuelles. Un homme se tient pliant la longue litchi rouge qui coule sur le trottoir, le mouvement est lent mais précis, comme s'il "récupérait" un flux de couleurs qui vient de déborder dans la rue.



En entrant, l'espace se rétrécit progressivement, le plafond est plus bas, la lumière s'est apaisée. Les rangées de tissus suspendus des deux côtés du passage forment un couloir souple, où vous traversez les couleurs au lieu de traverser l'espace. Le tissu ici n'est pas seulement à vendre, il devient un décor de vie. Il y a des rouleaux de tissus aux motifs colorés, il y a des piles de tissus blancs disposés haut comme des nuages comprimés, et il y a aussi des panneaux de tissu recouvrant l'étal, transformant tout en une surface plane de couleur.




Plus vous avancez, plus vous voyez clairement la logique unique du marché, avec chaque étal comme un petit monde. Certains endroits sont spécialisés dans les tissus áo dài, les feuilles de soie brodées de fleurs, brillent sous les lumières, sont accrochées haut comme des tableaux. Certains endroits ne vendent que des tissus lisses, mais les couleurs sont disposées en bandes de changement de couleur très subtiles, de chaudes à froides, de brillantes à calmes. Une jeune fille se tient au milieu du stand, tenant un téléphone, entourée de centaines de rouleaux de tissu, une image très moderne située dans un espace qui ne semble pas beaucoup changer avec le temps.


À l'extérieur de la façade, un vendeur lève un tissu blanc pour que les clients le voient, tend les deux extrémités pour que la lumière traverse, vérifie l'épaisseur et le recouvrement du tissu. Ces gestes se répètent chaque jour, mais sont toujours décisifs, un hochement de tête peut être une grosse commande, un hochement de tête est négligé. Ici, la communication n'a pas besoin de trop de mots, il suffit du regard et de la sensation de toucher le tissu.
Soái Kình Lâm n'est pas un endroit "beau" au sens touristique ordinaire. Il n'y a pas de coins d'enregistrement parfaits ni de panneaux conçus pour les photos de réseaux sociaux. Mais c'est sa densité, son désordre et sa sincérité qui créent l'attrait. C'est là que vous pouvez voir comment une ville fonctionne au niveau micro, chaque mètre de tissu, chaque petite transaction, chaque repas rapide.
Et peut-être que ce qui est le plus mémorable n'est pas ce que vous avez acheté, mais combien de couches de couleur vous avez traversées, et chaque couche de couleur porte une histoire.