Dans de nombreux villages des hauts plateaux de Sơn La, le bruit des marteaux frappant l'acier rouge cuite résonne encore régulièrement comme un rythme familier de la vie. Pour les H'Mông, la forge n'est pas seulement un moyen de subsistance, mais aussi un héritage transmis de génération en génération.
Les couteaux, les houes ou les faucilles ne sont pas seulement des outils agricoles, mais contiennent également la technique, l'expérience et l'habileté accumulées au fil des ans.
Dans le village de Na Vien, commune de Chieng Mai, la forge de M. Sung A Di dure depuis plus de deux décennies. Chaque jour, dans le petit espace à côté de la maison, les étapes se déroulent en continu: les uns tournent le récipient, les autres martèlent, les autres aiguisent la langue.
Pour créer un produit fini, l'artisan doit passer par de nombreuses étapes, du choix de l'acier, de la découpe des billettes, de la cuisson, de la façonnage au raffinage et au polissage. Une simple erreur dans une étape ne garantira pas la qualité du produit.

Selon M. Di, le secret réside dans la perception de la température à travers la couleur de l'acier. S'il y a trop de feu, la lame du couteau devient facilement croustillante; en cas de manque de feu, le couteau n'est pas assez tranchant et se gâte rapidement. Bien que le travail soit lourd et chaud, il reste attaché car "il est familier avec le métier, il n'ose pas l'abandonner". Chaque mois, la forge de sa famille produit des centaines de produits, qui sont consommés tant à l'intérieur qu'à l'extérieur de la localité.
Non seulement Chiềng Mai, mais dans des communes comme Tà Xùa, Mường Lèo ou Phiêng Cằm, de nombreuses forges fonctionnent toujours régulièrement. Dans le village de Nong Tàu Mông, M. Sùng A Súa est l'un des jeunes qui continue le métier familial.
Ayant travaillé loin, il est retourné dans sa ville natale et a reconstruit la forge après s'être rendu compte que le métier traditionnel du village s'estompait progressivement. Pour lui, préserver le métier est aussi une façon de préserver la mémoire et la valeur de ses ancêtres.

Les principaux matériaux sont de l'acier d'occasion tel que des pinces automobiles, des billes, cuits à la vapeur puis façonnés à la main. Ensuite, la lame du couteau est broyée avec de l'eau, de l'huile ou du tronc de bananier pour augmenter la durabilité. Chaque produit est fini en près d'une journée, avec le manche et la coque du couteau en bois ou en corne, à la fois solides et esthétiques.
Actuellement, malgré la concurrence des produits industriels, le métier de forgeron traditionnel existe toujours grâce à la persévérance des artisans. Les autorités locales encouragent également les habitants à maintenir le métier, tout en cherchant des moyens de promouvoir et d'élargir le marché, en lien avec le tourisme pour accroître la valeur des produits.
Au milieu des montagnes et des forêts de Sơn La, les forges sont toujours en feu chaque jour. Le bruit des marteaux crée non seulement des outils agricoles au service de la vie, mais contribue également à préserver l'identité culturelle, afin qu'un métier ancien ne soit pas oublié au milieu du courant moderne.