Au Japon, les robots ne sont plus un symbole d'un avenir lointain, mais sont devenus une solution urgente pour le présent.
Face au vieillissement rapide de la population et à la diminution de la main-d'œuvre, les entreprises de ce pays accélèrent le déploiement de l'intelligence artificielle physique (IA physique) dans les usines, les entrepôts et les infrastructures essentielles.
Selon le ministère japonais de l'Économie, du Commerce et de l'Industrie, le pays s'est fixé pour objectif de prendre 30% du marché mondial de l'IA physique d'ici 2040.
La base de cette ambition vient de la position existante lorsque les entreprises japonaises ont occupé environ 70% du marché mondial des robots industriels en 2022.
Cependant, le principal moteur n'est pas la concurrence technologique, mais la crise démographique.
La population japonaise a diminué de façon continue pendant 14 ans, tandis que le taux de personnes en âge de travailler n'est plus que de 59,6% et devrait continuer à diminuer fortement au cours des deux prochaines décennies.
Les experts estiment que l'objectif de l'application des robots au Japon a clairement changé. Si auparavant il s'agissait d'améliorer l'efficacité, il s'agit maintenant de maintenir l'activité.
Des robots sont utilisés pour garantir que l'usine fonctionne en continu, que les entrepôts ne soient pas interrompus et que les services essentiels ne soient pas interrompus.
Actuellement, la pénurie de main-d'œuvre est le principal facteur qui pousse les entreprises japonaises à appliquer l'IA.
De nombreuses entreprises comme Mujin développent des logiciels qui aident les robots à effectuer automatiquement des tâches logistiques, tandis que les systèmes de levages automatiques, les robots de contrôle d'infrastructure ou l'exploitation de centres de données sont de plus en plus répandus.
Le Japon est connu pour ses atouts matériels tels que les capteurs, la transmission et les systèmes de contrôle de haute précision. Il s'agit d'un "point de contact physique" important pour aider l'IA à interagir avec le monde réel.
Cependant, alors que le Japon est fort en composants, les États-Unis et la Chine progressent plus rapidement dans les systèmes intégrés complets, combinant logiciel, matériel et données.
Cela pose le défi que le Japon doit accélérer l'intégration de l'IA plus profondément dans le matériel afin de conserver un avantage concurrentiel.
Les experts mettent également en garde contre le fait que le développement de robots n'est pas seulement un logiciel, mais nécessite une compréhension approfondie des caractéristiques physiques, avec des coûts élevés et des risques élevés si le système tombe en panne.
Le Japon investit environ 6,3 milliards de dollars américains pour promouvoir l'IA et les robots, afin d'aider les entreprises à se déployer à grande échelle.
Dans l'industrie, des dizaines de milliers de robots sont installés chaque année, en particulier dans l'industrie automobile.
Dans le domaine de la logistique, les entrepôts automatisés et les porte-élévateurs autonomes deviennent de plus en plus courants. Les robots de contrôle sont également utilisés dans la gestion des infrastructures.
Des groupes comme SoftBank ont combiné des modèles de langage visuel avec des systèmes de contrôle en temps réel, aidant les robots à comprendre l'environnement et à effectuer des tâches complexes.
La différence du Japon réside dans son modèle de développement écosystémique. Au lieu d'une concurrence féroce, de grands groupes tels que Toyota, Mitsubishi Electric ou Honda coopèrent avec des startups pour profiter des atouts de chacun.
Les grandes entreprises offrent de l'échelle et de la fiabilité, tandis que les startups mènent l'innovation logicielle et systémique. Des entreprises comme Mujin ou Terra Drone développent des plateformes qui aident les robots à fonctionner de manière flexible sur de nombreux systèmes et professions.
Selon les investisseurs, la valeur à long terme appartiendra aux unités capables de déployer, d'intégrer et d'améliorer continuellement le système dans un environnement réel.