Le soft power et la coordination
Dans un contexte où le Canada cherche à attirer davantage d'investissements étrangers et de tourisme, tout en renforçant son rôle international en tant que puissance de taille moyenne - y compris en renforçant ses relations transcontinentales avec l'Europe fan de football - la Coupe du monde 2026 promet d'apporter une valeur de puissance douce sans précédent, dépassant même les Jeux olympiques.
Également parce que les villes se disputent le droit d'organiser les Jeux olympiques comme un exercice de relations publiques mondial efficace, l'organisation de la Coupe du monde montre la marque nationale au milieu d'une expérience passionnante, partagée dans le monde entier. L'image de la reine Elizabeth et Daniel Craig dans le rôle de James Bond « sautant en parachute » aux Jeux olympiques de Londres en 2012, ou Céline Dion se transformant en Edith Piaf de la Tour Eiffel en 2024 en sont des exemples.
Dans un contexte où l'avenir de l'accord Canada-États-Unis-Mexique (CUSMA) est encore précaire en raison de la guerre commerciale initiée par le président américain Donald Trump et des négociations en cours, la Coupe du monde pourrait être une leçon pratique sur la coopération des 3 pays.
Initialement, chaque pays de ces 3 pays envisageait de soumissionner lui-même pour accueillir l'événement, mais l'augmentation du nombre de la FIFA de 32 à 48 équipes a motivé les 3 pays à soumettre un dossier d'appel d'offres unifié leur permettant d'organiser ensemble la Coupe du monde 2026.
Actuellement, la CUSMA est confrontée à une menace existante dans un contexte où le deuxième mandat de M. Trump perturbe encore davantage le commerce mondial et le statu quo géopolitique par rapport à son premier mandat. Pendant ce temps, une menace plus réelle pèse sur la Coupe du monde, l'épidémie d'Ebola, obligeant le gouvernement canadien à réduire les voyages et l'immigration de nombreux pays d'Afrique centrale, invoquant la Coupe du monde comme principale raison. Selon la ministre fédérale de la Santé Marjorie Michel, le Canada prend ces mesures comme un moyen de "coopérer" avec le Mexique et les États-Unis avant la Coupe du monde.
Alors que l'intégration économique et commerciale nord-américaine pourrait être attaquée, certaines coopérations en matière de santé publique sur l'ensemble du continent semblent toujours exister, bien qu'il reste à voir si ces efforts sont efficaces, en particulier après les incidents et les critiques initiaux. Si la Coupe du monde réussit, elle montrera que le Canada, le Mexique et les États-Unis peuvent tout à fait travailler ensemble.
Augmenter la réputation
Plus important encore pour le Canada, l'organisation de 13 matchs attirera une grande attention, améliorant ainsi son image mondiale déjà très positive, qui devient une source de puissance douce de plus en plus forte. Le football est le sport le plus populaire au monde et la dernière finale de la Coupe du monde - 2022 entre l'Argentine et la France - a été regardée par 1,5 milliard de personnes dans le monde, soit près de 12 fois plus que le Super Bowl américain.
Même si elle ne continue pas, sa présence à la Coupe du monde et sa co-organisation aident le Canada et le football à être plus connus que jamais, s'affirmant comme un choix...