Selon le comité d'organisation, il s'agit de l'exposition d'ouverture d'un nouvel espace artistique appelé Con Art Gallery, et également de l'un des rares projets de l'art vietnamien contemporain qui soulève directement la question de la durée de vie de l'œuvre.
L'exposition présente 29 œuvres acryliques sur toile, créées en 2025. Le point particulier réside dans le matériau: la couleur acrylique est mélangée à un solvant spécial testé par l'artiste Bui Chat lui-même. Lorsqu'elles sont exposées à l'air et à la lumière, les couches de couleur se désintègrent progressivement, s'estompent et disparaissent complètement en 7 à 8 ans environ. Après cette période, sur la toile ne reste qu'une surface blanche - la trace d'un processus qui existait autrefois.




Contrairement à la conception traditionnelle de voir les peintures comme des objets qui doivent être conservés et préservés, l'exposition "Sept-huit ans" place la peinture sur la trajectoire de la vie - survie - destruction de la vie. Chaque peinture n'est plus orientée vers l'éternité mais est "programmée" pour s'autodétruire. Les spectateurs ne se tiennent pas seulement devant une image, mais sont témoins d'un moment dans le processus de perte qui a été prédéterminé.
Le nom de l'exposition vient du terme du jeu de cartes populaire "ngầu hầm", où 785 est compris comme "cool" - il y a encore suffisamment de raisons de rester dans le jeu. L'artiste Bùi Chát emprunte cet esprit pour revenir sur la peinture: l'art n'a pas besoin d'être immortel, il suffit d'avoir le courage d'accepter le risque. Le peintre est comme un joueur de cartes, à la fois créant l'œuvre et signant son propre jugement de déclin.




Visuellement, la série de peintures présente les caractéristiques familières de Bùi Chát: des blocs de couleurs épais, clairs, chaotiques; des traînées, des traînées, des taches de couleur comme des mouvements inachevés. La forme dans la peinture est à la fois créée et quitte sa propre forme. Si dans les projets précédents comme "Cụ tượng", l'artiste cherchait à concrétiser les émotions, avec "Bảy tám năm", la forme elle-même réécrivait son destin.


Dans un contexte où l'art est de plus en plus dominé par le marché et la demande de collection, ce projet propose une approche différente: l'œuvre n'existe pas pour être possédée, mais pour être vécue.