Au début de la semaine dernière, un tribunal américain a provoqué un choc en rendant une décision condamnant un grand groupe technologique - propriétaire de deux réseaux sociaux avec un grand nombre de comptes enregistrés - à une somme allant jusqu'à 942 millions de dollars après deux phases de procès, accusant ces plateformes de nuire aux jeunes.
La presse cite les propos du procureur général de l'État, affirmant: "La décision d'aujourd'hui est une grande victoire pour les parents qui s'inquiètent quotidiennement de l'impact des réseaux sociaux sur leurs enfants, ainsi que pour les enfants qui ont le droit d'être protégés en toute sécurité sur le cyberespace".
Protéger les enfants dans le cyberespace, en particulier les réseaux sociaux, n'est plus l'histoire d'un État, d'un pays, mais est devenue mondiale.
Un smartphone peut ouvrir aux enfants la porte d'un vaste entrepôt de connaissances, mais peut aussi les emmener dans des espaces que leurs parents ne connaissent absolument pas.
En quelques gestes, les enfants peuvent être exposés à des vidéos de violence, à des contenus inappropriés pour leur âge, à des publicités déguisées, à des invitations à devenir amis d'étrangers ou à des défis dangereux diffusés en ligne. Plus inquiétant encore, les risques ne sont pas toujours clairement visibles pour que les enfants les reconnaissent et les évitent.
Lors de la séance de discussion en groupe sur la situation socio-économique en avril 2026, la députée Nguyễn Thị Mai Thoa (Délégation)
TP. Hải Phòng) a exprimé son inquiétude quant à la situation actuelle de la violence scolaire, des aliments "sales", de la sécurité des enfants sur le cyberespace. À partir de cette réalité, le délégué a proposé d'étudier des solutions pour interdire ou limiter l'utilisation par les enfants de certaines plateformes de réseaux sociaux populaires, accompagnées d'autres conditions et solutions spécifiques.
Il est difficile de nier qu'aucun parent ne peut s'asseoir à côté de ses enfants pendant toute la durée de leur utilisation du téléphone. Même dans une famille qui se soucie de ses enfants de près, il est difficile pour les parents de savoir quels contenus l'algorithme met sur l'écran de leurs enfants à 22 heures, quels étrangers envoient des SMS ou comment un commentaire apparemment inoffensif peut affecter la psychologie des enfants.
En particulier, les enfants et les adolescents n'ont pas pleinement développé la capacité d'identifier les risques, de contrôler leurs émotions et d'évaluer les conséquences. Pendant ce temps, cette caractéristique rend les enfants facilement entraînés dans les mécanismes de retenue des utilisateurs des réseaux sociaux.
Les algorithmes qui proposent continuellement du contenu, la fonction de défilement illimité, la lecture automatique de vidéos et les notifications qui apparaissent continuellement peuvent faire passer de plus en plus de temps aux enfants à l'écran.
Les psychologues estiment que les réseaux sociaux sont liés à des problèmes tels que l'anxiété, la solitude, la perte d'estime de soi, les troubles de l'image corporelle chez les adolescents; en même temps, les enfants sont confrontés au harcèlement en ligne, au contenu violent, à la fraude et à la violation de la vie privée.
Lorsqu'un produit est conçu pour que l'utilisateur reste le plus longtemps possible, il ne faut pas simplement dire à un enfant: "Tu dois savoir comment te contrôler".
Dans le projet d'amendement du décret 147/2024, le ministère de la Culture, des Sports et du Tourisme a également proposé des réglementations plus strictes.
Selon le contenu du projet cité dans le document, les enfants de moins de 16 ans ne sont pas autorisés à enregistrer eux-mêmes des comptes de réseaux sociaux, mais l'enregistrement doit être effectué par leurs parents ou leurs tuteurs. Plus remarquable encore, il est proposé que les comptes d'enfants ne voient que le contenu, ne publient pas d'articles, ne commentent pas, n'interagissent pas ou ne partagent pas. Les comptes doivent également être par défaut au niveau de protection de la vie privée le plus élevé; les plateformes doivent prévenir activement le contenu nuisible, déterminer l'âge de l'utilisateur et coopérer avec les autorités compétentes lorsqu'elles détectent des actes d'abus sur les enfants.
S'il est conçu et mis en œuvre de manière appropriée, cela pourrait être une "barrière" nécessaire. Cependant, il faut également reconnaître qu'une simple interdiction ne peut pas devenir la solution ultime. En effet, vérifier avec précision l'âge de millions d'utilisateurs n'est pas simple. S'ils sont bloqués sur un réseau social, les enfants peuvent passer à des jeux, des plateformes vidéo ou d'autres espaces en ligne, voire potentiellement plus risqués.
Cela montre que le problème ne doit pas être posé de manière extrême: soit interdire complètement, soit laisser les enfants utiliser librement, mais surtout limiter en fonction de l'âge, avec un système de protection suffisamment solide.
Pour les jeunes enfants, la possibilité de créer des comptes et d'interagir publiquement peut être fortement limitée. Lorsque les enfants sont plus âgés, les droits d'utilisation peuvent être progressivement ouverts, mais doivent s'accompagner d'un mode de confidentialité par défaut, de limitations de temps, de contrôle des messages d'étrangers et d'outils de surveillance pour les parents.
Les réseaux sociaux ne sont pas totalement mauvais. Ils peuvent aider les enfants à apprendre, à se connecter et à élargir leurs connaissances. Mais un produit pour adultes ne peut pas être considéré comme adapté aux enfants simplement parce qu'ils savent utiliser leur téléphone avec compétence.
Les enfants peuvent utiliser la technologie très rapidement, mais cela ne signifie pas qu'ils sont assez matures pour faire face à tout ce que la technologie apporte.
Par conséquent, la question actuelle n'est peut-être plus de savoir s'il faut ériger une barrière pour les enfants sur les réseaux sociaux ou non, mais comment cette barrière doit être conçue pour à la fois protéger les enfants et s'adapter à la vie numérique.
L'interdiction ou la limitation en fonction de l'âge est une mesure qui mérite d'être étudiée et nécessaire. Mais cela doit aller de pair avec la responsabilité de la plateforme, l'accompagnement de la famille, l'éducation aux compétences numériques à l'école et des sanctions suffisamment sévères contre les actes d'abus sur les enfants.
Le cyberespace devient de plus en plus une partie de la vie. Nous ne pouvons pas construire un mur pour que les enfants restent à l'écart pour toujours. Avant que les enfants ne deviennent assez matures pour entrer, les adultes ont la responsabilité de construire les barrières de sécurité nécessaires, c'est ainsi que l'on peut prendre soin de l'avenir.