Certains sont sérieux, les sourcils froncés comme s'ils étaient confrontés à une grande question. D'autres sont calmes, les lèvres ouvrent un sourire espiègle. Certains lèvent les yeux, d'autres baissent la tête, joignent les mains, d'autres appuient les mains sur les genoux; certains semblent expliquer, d'autres ressemblent à des personnes qui viennent de traverser une vie pleine de difficultés, ne voulant plus que s'asseoir en silence. Les anciens artisans sculptaient des corps très réels: épaules, poitrine, rides, muscles, abdomen, lèvres et yeux expressifs. Les touristes peuvent reconnaître dans leurs yeux leur propre réflexion, dans leur visage austère des difficultés de la vie, dans leur sourire un peu humoristique obtenu après de nombreuses expériences.



Le temps est également devenu une partie des statues. La peinture et le rouge à lèvres se sont détachées, la couleur est devenue argentée, des fissures et des écailles sont apparues sur le corps. Mais cette dégradation n'a pas fait perdre à la statue sa beauté. Au contraire, elle a rendu les visages plus pleins de vitalité, comme si le temps n'avait pas seulement érodé le bois, mais avait également écrit une couche d'histoire sur eux.
Dans la lumière étroite qui traverse les fenêtres et le toit de la pagode, les statues apparaissent et disparaissent. Les zones claires et sombres rendent les visages parfois proches, parfois lointains; parfois regardant directement la personne en face, parfois plongeant dans un monde privé. Debout devant eux, le spectateur sent que chaque ligne de bois et de pierre semble respirer, apportant la chaleur des vies qui ont autrefois existé.

C'est peut-être le pouvoir particulier de l'art traditionnel vietnamien de la sculpture sur bois, ramenant le sacré très près de la vie. Les statues n'ont pas une beauté froide et parfaite, elles ont des défauts, des traits féroces, humoristiques et des traces du temps. Mais c'est précisément dans cette imperfection que les gens se reconnaissent.

En quittant le temple, ces visages restent dans la mémoire. Non pas comme la statue immobile du passé, mais comme des personnes qui racontent silencieusement une histoire sans mots lorsque la vie est pleine de souffrance et de changements, mais les gens peuvent toujours tout traverser avec lucidité, tolérance et un peu de calme.


Des centaines d'années se sont écoulées, les statues sont toujours assises dans l'ombre silencieuse du bois. La peinture peut se faner, le bois peut s'user, mais ces visages semblent toujours avoir la capacité de regarder les gens d'aujourd'hui et de voir à travers les choses que nous ne reconnaissons parfois pas en nous-mêmes.


(La série de photos a été réalisée en août 2026).