Les crues soudaines et les glissements de terrain de boue à grande échelle survenus le 26 août dans le bassin versant de la rivière Bhote Koshi dans le district de Rasuwa (nord du Népal, à la frontière du Tibet, en Chine) ont causé des dommages particulièrement graves aux personnes et aux infrastructures.
Selon l'AFP, à midi le 29 août (heure locale), les équipes de secours d'urgence avaient retrouvé 633 corps de victimes, tandis que la liste des personnes disparues avait atteint près de 3 000 personnes et menaçait les moyens de subsistance de près de 100 000 habitants des zones frontalières.
La tragédie s'est produite au point de transit Rasuwagadhi - Timure, la principale porte d'entrée reliant les circuits de pèlerinage sacrés Kailash Mansarovar du Népal au Tibet.
L'Office du tourisme du Népal et le ministère indien des Affaires étrangères ont confirmé que des centaines de touristes internationaux de nombreuses nationalités indiennes, américaines, malaisiennes, britanniques, australiennes... ainsi que des habitants locaux ont perdu le contact pendant leur voyage. De nombreux ponts, bureaux de douane et toute la route nationale vitale reliant la frontière ont été emportés par les inondations.
En outre, le Népal recommande aux touristes de reporter les voyages inutiles vers les zones inondées de Rasuwa, Nuwakot, Dhading, Gorkha, Chitwan et les bassins fluviaux de Bhote Koshi, Trishuli, et de vérifier en permanence la situation routière pour éviter les incidents.
Cet incident a porté un coup dur aux efforts de reprise de l'industrie touristique du pays d'Asie du Sud. Selon le World Travel & Tourism Council (WTTC), le tourisme contribue à environ 6,6% du PIB du Népal et est le principal soutien de la vie des habitants des hauts plateaux.
Des scientifiques et des experts en environnement mettent en garde contre l'événement de Rasuwa comme un signal d'alarme rouge concernant l'impact du changement climatique sur l'écosystème de l'Himalaya.
Auparavant, la Banque mondiale (BM) et la Banque asiatique de développement (BAD) avaient également émis à plusieurs reprises des avertissements indiquant que l'augmentation des chocs climatiques constituait le plus grand risque négatif pour la croissance économique du Népal, menaçant directement les deux piliers, le tourisme et l'agriculture.
Selon des rapports scientifiques, il existe actuellement au moins 42 lacs de glace au Népal menacés de rupture de barrage naturel en raison du réchauffement des températures qui fait fondre rapidement les plaques de glace, formant des crues soudaines transfrontalières. Bien que le Népal contribue à moins de 0,1% des émissions mondiales de carbone, ce pays est le plus gravement touché.
Les experts estiment que, pour assurer l'avenir de l'industrie du tourisme d'aventure et du pèlerinage spirituel, le Népal doit non seulement stimuler la demande des touristes, mais aussi investir d'urgence dans la technologie de surveillance par satellite, les systèmes d'alerte précoce et les infrastructures durables de réponse aux catastrophes naturelles sur les routes d'escalade.